Permis de louer à Rouen : secteurs, dossier et délais
Dans six secteurs de Rouen, vous ne pouvez pas signer un bail sans avoir obtenu l’accord de la Ville. Beaucoup de bailleurs l’ignorent — et l’amende peut atteindre 5 000 €. Voici qui est concerné, ce que la Ville examine, et ce qu’il faut faire quand elle refuse.
De quoi parle-t-on
Le « permis de louer » est le nom courant de l’autorisation préalable de mise en location, prévue par les articles L635-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation. Il permet à une commune d’exiger son accord avant toute nouvelle location, dans des secteurs où l’habitat dégradé est répandu.
Rouen l’a instauré dans le cadre du programme local de l’habitat porté par la Métropole Rouen Normandie. Ce n’est pas une formalité de plus : sans autorisation, le bail est conclu en infraction.
Êtes-vous concerné ?
Trois conditions doivent être réunies. Répondez ci-dessous.
Êtes-vous soumis au permis de louer ?
Trois questions suffisent à le savoir.
Outil d’information, pas un avis juridique. Les périmètres sont fixés par la Ville de Rouen et peuvent évoluer : vérifiez toujours votre adresse sur rouen.fr/permisdelouer, seule source qui fait foi. Nous ne réalisons pas les diagnostics — ils relèvent d’un diagnostiqueur certifié — mais nous exécutons les travaux qu’ils imposent.
Les six secteurs
Le dispositif ne couvre pas toute la ville. Six secteurs sont visés : Hôtel de Ville – Cathédrale, Cauchoise, Rive-Gauche, Beauvoisine, Saint-Nicaise et Saint-Hilaire.
Le découpage se fait rue par rue, et parfois par tronçon de rue : un côté peut être concerné et l’autre non. Ne vous fiez pas au nom du quartier — vérifiez l’adresse exacte sur la carte publiée par la Ville. C’est la seule source qui fait foi.
Deuxième filtre : seuls les bâtiments de plus de quinze anssont concernés. Troisième filtre : il s’agit d’une nouvelle mise en location. Un bail en cours, un renouvellement ou un avenant ne déclenchent pas de demande.
Ce que la Ville examine
La demande s’accompagne d’un dossier de diagnostics techniques. Selon l’âge du bâti et des installations, il comprend le DPE, le constat de risque d’exposition au plomb, l’état d’amiante, et les états des installations d’électricité et de gaz lorsqu’elles ont plus de quinze ans.
Une visite du logement peut être programmée. La Ville se prononce au plus tard trente jours après l’accusé de réception du dossier complet — d’où l’intérêt de déposer un dossier complet du premier coup.
Nous ne réalisons pas les diagnostics : ils relèvent d’un diagnostiqueur certifié. En revanche, nous exécutons les travaux qu’ils imposent, et nous chiffrons à partir de votre rapport.
En cas de refus
Le refus est motivé : il liste les désordres qui portent atteinte à la sécurité ou à la santé des occupants. Vous devez alors réaliser les travaux, puis déposer une nouvelle demande. Tant que l’autorisation n’est pas obtenue, le logement ne peut pas être reloué.
Ce qui revient le plus souvent : une installation électrique sans terre ou sans protection différentielle, une ventilation absente ou hors service, une humidité non traitée, des sanitaires non conformes. Nos pages électricité, plomberie et peinture et enduits détaillent ces interventions.
Ce que vous risquez sans autorisation
Louer sans avoir déposé la demande expose à une amende pouvant atteindre 5 000 €. En cas de nouveau manquement dans les trois ans, le plafond passe à 15 000 € (article L635-7 du CCH). Le montant est proportionné à la gravité des manquements constatés.
Comment s’organiser sans perdre de temps
- Vérifiez l’adresse sur la carte de la Ville dès que le préavis du locataire arrive — pas à la remise des clés.
- Faites réaliser les diagnostics pendant le préavis. Ce sont eux qui révèlent les travaux à prévoir.
- Faites chiffrer les reprisesdans la foulée, sans attendre l’avis de la Ville : si un refus tombe, le devis est déjà prêt.
- Déposez un dossier complet. Le délai de trente jours ne court qu’à partir de là.
Sur un logement vide, ces semaines coûtent cher : notre guide sur le coût de la vacance locative permet de chiffrer ce que représente chaque jour d’attente. Et pour préparer la remise en état, voyez notre méthode de remise en état locative.
C’est aussi le moment où le loyer se fixe : Rouen n’étant pas classée en zone tendue, la relocation est la seule occasion de le repositionner librement. Voyez notre guide sur l’augmentation de loyer à Rouen.
Les diagnostics exigés ici révèlent souvent des manquements à la décence, qui s’imposent eux partout, secteur ou pas. Notre guide votre bien est-il louable ? liste les critères et ce que chacun impose comme travaux.
Et ailleurs dans la métropole ?
Rouen n’est pas la seule commune concernée : plusieurs villes de la métropole ont mis en place un dispositif comparable, avec leurs propres périmètres et leurs propres modalités. Si vous gérez des lots sur plusieurs communes, vérifiez chaque adresse auprès de la mairie concernée — un dispositif rouennais ne vaut pas pour la commune voisine.
Sources
- Permis de louer — Ville de Rouen (rouen.fr)
- Articles L635-1 à L635-11 du code de la construction et de l’habitation (Légifrance)
- Article L635-7 du CCH — sanctions (Légifrance)
- Je souhaite louer — Métropole Rouen Normandie
Dispositif vérifié sur rouen.fr et Légifrance le 4 août 2026. Les périmètres sont fixés par la Ville et peuvent évoluer : vérifiez votre adresse avant toute démarche. Ce guide est informatif et ne constitue pas un avis juridique.
Un refus à lever avant de relouer ?
Électricité, sanitaires, ventilation, sols et peinture : nous chiffrons sous 48h les travaux exigés pour obtenir l’autorisation, et nous calons l’intervention sur votre date de relocation.